LA PRIERE QUE JESUS A ENSEIGNEE LE "NOTRE PERE"

 

 

 Lisons dans l'Evangile selon Luc; chapitre 1l, versets 1 à 4 : Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu'il eut achevé, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier comme Jean-Baptiste l'a enseigné à ses disciples. Il leur dit: Quand vous priez, dites:

Père! Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous chaque jour notre pain quotidien; pardonne-nous nos péchés car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense, et ne nous expose pas à la tentation.

-Lisons aussi dans l'Evangile selon Matthieu, au chapitre 6, versets 5 à 15 : Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis, en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens qui s'imaginent qu'à force de paroles, ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin. Voici donc comment vous devez prier :

Notre Père, qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. Car c'est à toi qu'appartiennent dans tous les siècles le règne, la puissance et la gloire! Amen !

-Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

Nos prières ne doivent pas être des ritournelles sans cesse rabachées et répétées, mais jaillir de notre coeur. Tandis qu'il enseigne la foule, Jésus donne un enseignement qui va à l'encontre de ce que pensent les gens très religieux de l'époque, les scribes et les pharisiens. Il montre la différence existante entre J'attitude des païens et cel1e que doivent manifester les vrais disciples: ils ne doivent pas multiplier de vaines paroles, comme le font les païens qui s'imaginent qu'à force de paroles, ils seront exaucés.

-Un récit de l'Ancien Testament parle de prêtres d'un faux - dieu, Baal. Ses prêtres le prient pour que le feu du ciel descende et consume les sacrifices qu'ils offrent à leur idole. .

Ils crient, ils hurlent, répètent inlassablement leurs prières. Ils s'imaginent qu'à force de prier, de se taillader, de gesticuler, quelque chose va se produire, mais rien ne se passe.

Beaucoup de gens pensent, de même, qu'à force de prières, Dieu se laissera fléchir.

Nous avons le privilège de savoir que notre Père céleste prend soin de nous. Trop de personnes croient que toute prière, quel1e qu'el1e soit, est bonne, et que c'est mauvais de ne pas prier. Mais des croyants continuent de prier comme des païens, parce qu'ils n'ont pas pris le temps d'écouter ce que Dieu veut leur dire. Nous avons à faire la même demande que cel1e qu'un disciple a faite un jour à Jésus: Seigneur, enseigne-nous à prier.

-Jésus suggère alors une autre façon de prier. Il le fait également dans un enseignement donné sur la montagne dominant le lac de Tibériade C'est la prière appelée "Le notre Père" ou prière dominicale, c'est-à-dire prière du Seigneur.

-S'agit-il de réciter le "Notre Père", de l'apprendre par coeur pour le ressortir plusieurs fois par jour, matin, midi et soir ? Non, Jésus enseigne cette prière pour instruire ses disciples. Hélas  certains croyants se souviennent qu'elle leur a été infligée comme punition à cause de certains péchés qu'ils venaient de confesser. Non, elle ne doit pas être ressassée comme une pater noster (ce mot vient du mot latin: pater noster, notre Père). Elle doit être pour nous, une prière à suivre et à vivre pour avoir une bonne relation envers Dieu. C'est la prière modèle, qui nous conduira dans une plus étroite communion avec Dieu, afin que nous soyons pleinement en contact avec lui.

-Voici donc comment vous devez prier, dit Jésus. D'emblée, il nous apprend à dire à Dieu "notre Père". C'est donc une prière collective plus que personnel1e. Si nous pouvons dire "Père", ce ne doit pas être comme un souvenir de catéchisme, mais parce que nous avons reçu de Dieu la vie nouvelle, par la foi en Jésus-Christ. Un jour, Jésus a dû dire à des gens très étroits dans leur religion: Vous avez pour père le diable (Jean 8.44). Mais, pour nous, dire à Dieu "notre Père", c'est tourner le dos au péché, c'est déclarer que nous voulons suivre Jésus. Nous avons changé de père, nous ne voulons plus suivre Satan, mais révérer Dieu. Dire Père, c'est le premier et le plus grand acte de la prière. Savoir que Dieu est notre Père, c'est avoir une relation d'enfant à l'égard de son Père, avec révérence et respect envers Dieu. C'est une bénédiction, une grande grâce.

-Un pasteur voulait faire réciter le Notre Père à un petit garçon. L'enfant disait: "Notre Père. . . . heu. . . Notre Père" . Timidité ? Manque de mémoire ? Il ne pouvait en dire plus.

Le pasteur le questionna avec condescendance.

- Tu sais que Dieu est ton Père :

- Ah, oui ! s'exclama le petit garçon.

- Eh bien ! c'est là le principal

- Savoir que Dieu est notre Père, et savoir que nous pouvons entrer dans son intimité, parce que Jésus s'est fait notre Sauveur, c'est déjà le principal. Dieu nous écoute comme un père qui nous aime. Notre prière est peut-être balbutiante, mais les parents savent décoder les balbutiements de leurs enfants. Ainsi en est-il de Dieu vis-à-vis de nous. Même si notre prière est malhabile, Dieu sait la décoder. Mais aussi, au fur et à mesure que nous aurons prié, nous prierons avec plus d'assurance.

 

Dire: Notre Père qui es dans les cieux… c'est affirmer que Dieu siège dans la gloire, qu'il est le Maître de l’univers. Si difficile que soit le problème que j'ai à lui soumettre, je sais qu'il est plus grand que mon problème. Il siège dans sa majesté divine. Voilà le Dieu auquel je m'adresse.

-Les trois premières demandes du Notre Père se rapportent à Dieu: que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

-Que ton nom: le nom dans la pensée des Hébreux, de Juifs, cela signifie la personne elle-même : que toi, Seigneur, tu sois révéré par tous et que ton nom ne soit pas blasphémé, mais au contraire, qu'il soit loué, adoré.

-Que ton règne vienne ! Je veux tout faire pour que tu règnes. Cette prière m'engage, car je dois faire tout pour que le règne de Dieu s'exerce sur la terre. Je dois parler de Jésus, je dois répandre l'amour de Jésus autour de moi. Je désire que son Eglise soit le lieu ou son règne sera démontré à ce monde impie. Je le désire vivement.

-Puis: que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Un jour, un enfant, écrivant le Notre Père sous la forme d'une dictée, avait fait une faute d'orthographe: "que ta volonté soit fête. . . !Cette faute contenait cependant quelque chose de vrai: Nous devons trouver plaisir à faire la volonté de Dieu; notre coeur doit être en fête. Faire sa volonté n'est pas pénible. En lisant sa Parole, nous devons apprendre à faire sa volonté. Que notre prière contribue à l'établissement du Royaume de Dieu et au bien de ceux pour lesquels nous prions.

 

 Les quatre dernières demandes du Notre Père se rapportent à nous. Donne-nous notre pain quotidien, pardonne-nous. . . Après avoir demandé ce qui contribue à la gloire de Dieu, nous abordons nos propres besoins. Ce n'est qu'après avoir demandé à Dieu ce qui l'honore que nous pouvons prononcer le reste de la prière. La première demande: Donne-nous notre pain de ce jour parait un peu égoïste et matérielle, mais Dieu s'intéresse à toute notre vie. Le pain, en fait, c'est tout ce qui concerne notre vie: nourriture, vêtements, maison, santé. ... tous les besoins inhérents à notre être extérieur. On peur se demander.

-Puisque Jésus a dit: Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez (Matt 6.8), pourquoi alors est-il besoin de demander ? C'est que Dieu est un Père qui aime que ses enfants s'expriment. Trop de croyants sont des muets qui ne demandent rien à Dieu; il aime que nous lui exprimions nos besoins. En les exposant, notre foi va grandir et notre communication avec le Seigneur va mieux s'établir. Nous lui disons:

"Seigneur, je compte sur toi " Et quand nous lui demandons, il est bon de le remercier à l'avance. Il interviendra à l'heure qu'il aura choisie, comme il le voudra.

-La demande suivante est: Pardonne-nous nos offenses. En nous approchant de Dieu, nous ne pouvons qu'avoir une attitude d'humilité; c'est l'humilité qui va nous ouvrir les portes de l'exaucement. Tenons-nous dans une attitude de déférence, comme ce péager qui implorait Dieu: O Dieu! Sois apaisé envers moi qui suis un pécheur. Mes offenses, ce sont mes péchés, pas seulement le mal que j'ai commis, mais aussi le bien que j'aurais dû faire et que je n'ai pas fait.

-Cette demande est assortie d'un complément qui nous frappe. Après avoir demandé :

Pardonne-nous nos offenses, nous devons ajouter: comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Je dois avoir une attitude correcte envers Dieu. Je ne peux m'attendre au pardon de Dieu que dans la mesure où je suis moi-même disposé à pardonner à ceux qui m'ont fait tort, faute de quoi Dieu ne me pardonnera pas. Du reste, Jésus a dit: Si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. Ainsi, la condition indispensable pour que notre demande de pardon soit exaucée, c'est que nous-même nous pardonnions à ceux qui nous ont fait du tort. Dieu ne me pardonnera que si j'ai pardonné moi-même. Après quoi je pourrai aborder la suite de la prière :

-Ne nous soumets pas à la tentation. Dieu peut-il nous induire, nous soumettre, nous conduire dans le mal ? Cette pensée paraît dure à accepter, car Dieu ne désire que le bien.

Et nous devons ajouter: mais délivre-nous du mal. Comment comprendre cela ? N'est-ce pas ? "Délivre-moi, Seigneur, de tous les pièges dans lesquels je risque de retomber: la méchanceté à l'égard des autres, l'égoïsme, l'orgueil, les fausses doctrines, etc…. de toute oeuvre de Satan. Jésus a dit que Satan est le voleur qui ne vient que pour dérober, égorger et détruire. II voudrait toujours nous ramener dans la voie du mal, mais nous disons à Dieu: ne nous soumets pas à la tentation. ou comme l'exprime une traduction possible: ne nous mène pas devant l'épreuve. Le mot traduit par tentation peut en effet se traduire par épreuve. L'épreuve, c'est la tentation, le traquenard dans lequel Satan voudrait me faire tomber. Quand nous avons prié de tout notre coeur dans ce sens, ne restons pas sous le poids de notre culpabilité. Si nous demandons sincèrement pardon à Dieu, il nous pardonne, et si nous avons pardonné à ceux qui nous ont offensés, il nous délivre du malin.

 

-La prière va se conclure par le rappel, la réaffirmation de la toute-puissance de Dieu. II est le Dieu de l'Univers, de toute éternité. A lui appartiennent Je règne, la puissance et la gloire. Il doit établir son règne en bien des gens et bien des lieux où l'Evangile est vécu.

Pour cela, nous disons, en quelque sorte: que ton règne vienne, que l'Evangile se répande parla puissance du Saint-Esprit. Par la prière, nous avons accès à la puissance de Dieu.

-Maintenant, nous devons vivre à la gloire de Dieu, et tout faire pour sa gloire ( 1 Cor 10.31). Un des Réformateurs, Guillaume Farel priait même ainsi: " Seigneur, que mon dormir soit à ta gloire "

- Le Notre Père n'est donc pas une prière à être récitée du bout des lèvres, mais elle doit être vécue au fond du coeur.

-Jésus termine cette prière par: Amen ! mot hébreu que les traducteurs ont traduit par "en vérité".Cela veut dire: c'est l'absolue vérité, qu'il en soit ainsi !

 

-Comment allons-nous utiliser cette prière modèle ? Inspirons-nous de chacune de ses demandes dans les prières que nous adressons à notre Dieu. Mais n'usons pas de vaines redites; Jésus nous interdit de le faire. Si je dis: Notre Père, je dois m'intéresser à tout ce qui concerne l'oeuvre d'évangélisation dans le monde, et à tout ce qui concerne l'Eglise du Seigneur en tous lieux de la terre. Ma prière, mon intercession doit s'étendre aux besoins des malades, des tourmentés, des malheureux, des chrétiens persécutés, des victimes de catastrophes. . . Mais je ne manquerai jamais de proclamer avec conviction qu'à Dieu, notre Père, appartiennent le règne, la puissance et la gloire, Amen !

 

Lucien Clerc